Pendant ces dernières années, nous avons affronté des bouleversements sans précédent. Face à la pandémie de COVID-19, les organisations ont dû s’adapter à des mesures sanitaires imprévues, au télétravail généralisé, aux inquiétudes des équipes et aux nouvelles contraintes économiques. Le tout, sans plan, sans repères, sans manuel, ni guidelines.
Dans ce contexte mouvant, un mot s’est imposé : la résilience. Un mot qui dépasse désormais le champ individuel pour devenir une compétence stratégique à l’échelle des organisations.
La résilience organisationnelle, de plus en plus citée ces dernières années, est la capacité d’une organisation à résister, absorber, récupérer et s’adapter aux perturbations qui impactent son activité dans un environnement en constante évolution et de plus en plus complexe et incertain, pour lui permettre de réaliser ses objectifs, de rebondir et de prospérer.
Être résilient, ce n’est pas ignorer les crises ou les difficultés. C’est savoir y faire face, apprendre, s’ajuster, et en ressortir plus fort. Et la bonne nouvelle, c’est que chaque organisation porte en elle les ressources pour développer cette capacité — à condition de savoir les identifier et les activer.
Exploiter la data pour voir la réalité en face
La résilience commence par une capacité à lire l’environnement tel qu’il est. Cela suppose de prêter attention aux faits, aux observations, aux signaux faibles, aux données disponibles, même celles qui dérangent.
Inutile de lancer une énième étude, les informations sont souvent déjà disponibles. Il s’agit d’écouter, d’observer, de croiser les sources internes et externes pour transformer l’information en connaissances exploitables. Celles-ci viendront guider les décisions et permettront à l’organisation de réagir rapidement pour prioriser et planifier les ressources et l’activité, anticiper, innover et prendre les virages nécessaires en vue d’envisager un nouveau futur.
Faire corps avec ceux qui agissent sur le terrain
La résilience s’appuie sur l’énergie du collectif. Miser sur la proximité avec le terrain, les femmes et les hommes qui œuvrent au quotidien pour les millions de clients, utilisateurs et bénéficiaires. C’est sur ce terrain que se joue la vraie continuité. Là où les valeurs vécues et incarnées prennent le relais des processus théoriques.
Cette approche collective de l’organisation permet de rebondir, car elle s’appuie sur une volonté de pérennité partagée par tous. Cette motivation, cet engagement humain est tout aussi indispensable que les moyens et outils mis en place.
Un grand retailer français nous confiait que pour assurer la continuité de service sur le terrain pendant la période de COVID-19, une cellule de crise spéciale avait été mise en place pour instaurer un dialogue constant, une écoute mutuelle, le partage de valeurs et d’objectifs communs, pour opérer une réorganisation concertée avec l’ensemble des parties prenantes.
Apprendre pour ne pas reproduire les erreurs passées
Les crises passées laissent toujours des traces. Une organisation résiliente ne cherche pas à effacer ses erreurs ou ses échecs. Elle perdrait beaucoup plus d’énergie à tenter d’oublier qu’à tirer les leçons de ces crises. Sa capacité à se souvenir de ses erreurs du passé, tout en les assumant, permet de les transformer en apprentissages et ainsi construire un futur plus robuste.
Prendre soin du corps et des émotions pour durer
En période d’incertitude, les organisations les plus performantes sont parfois celles qui savent lever le pied, plutôt que de maintenir une logique de productivité et de performance à tout prix. Car la pression constante épuise, démobilise, fragilise. Être résilient, c’est aussi reconnaître l’importance du bien-être, de l’énergie humaine, de l’émotionnel dans la performance collective.
Une grande industrie a d’abord répondu à la crise du COVID-19 par une surproduction intense. Les résultats étaient bons, mais les équipes à bout de souffle. Fin 2020, la direction change de cap : primes, dispositifs d’écoute, accords QVT, télétravail structuré, refonte de la culture managériale. Une transformation profonde est engagée.
Imaginer l’après
La résilience ne se résume pas à encaisser les chocs et les coups durs. Elle inclut la capacité à se projeter, à imaginer d’autres futurs, à prendre de l’avance. Les organisations résilientes savent que les crises sont aussi des tremplins pour réinventer leur modèle, leur raison d’être, leur impact.
En conclusion, la résilience organisationnelle n’est pas un état, c’est une dynamique. Dans un monde incertain, les organisations qui traversent les crises avec succès sont celles qui font confiance à leur intelligence collective. Elles savent regarder, écouter, apprendre, ressentir et imaginer le monde de demain pour pérenniser leurs activités et leur existence.